Cette synthèse, élaborée pa
r Royer Robin Associés, a été principalement rédigée à partir de l’étude intitulée « Le marché de la formation professionnelle en 2009 » de Denis CRISTOL, directeur de la formation continue Advancia et Négocia, et chercheur au CREF.
Cet article permet ainsi d’avoir un aperçu général et synthétique du marché de la formation professionnelle actuel et futur : les besoins, les orientations, les évolutions, les parts de marché, etc. Il se compose ainsi en 2 parties majeures, d’une part la synthèse du marché actuel de la formation professionnelle, et d’autre part, les tendances de la formation pour 2011.
Partie 1 : Synthèse du marché actuel de la formation professionnelle
Le marché se caractérise par :
- Une plus grande attention portée aux clients et aux usagers.
- Une plus grande attention portée aux clients et aux usagers.
- Un besoin de plus de proximité.
- Une volonté de l’acteur public d’en spécifier les finalités vers une sécurisation des parcours.
Les orientations qualitatives du marché sont les suivantes :
- Une évolution des demandes en 2006 : 27% des demandes concernent les formations métiers, 17% les formations linguistiques et 14% des demandes concernent le management (plus forte progression relevée (Le Nouvel économiste 2008).
- Un essor des formations de développement personnel et de management (+ 53% selon la FFP en 2006).
- Un essor du Droit Individuel à la Formation (2,2% de la part de CA des organismes adhérents à la FFP en 2006, 5,8% prévu de leur activité en 2007), au-delà de la progression annoncée par la FFP cela représenterait 500 000 DIF financés en 2008 (Cour des comptes 2008).
- Une recherche d’une valorisation des compétences de formations diplômantes, (ce point est important car alors que 20% des cadres avaient suivi une formation supérieure dans les années 70, ils sont aujourd’hui à 80% diplômés de l’enseignement supérieur (APEC 2008).
- Un développement des demandes de VAE, 26 000 titres certifiés en 2006 et 60 000 entrées en VAE en 2007 (rapport Besson 2008).
- Un développement des formations intra-entreprises (60% des actions) au détriment des formations inter-entreprises (40% des actions) Friedberger (2008).
- Un développement régulier de la formation en ligne : 8,4% du CA Demos en 2006 pour 2,9% en 2004 par exemple pour l’un des leaders du marché Friedberger (2008).
Quelques chiffres clés :
- Diminution de 15% des dépenses de l’Etat en formation (de 1995 à 2006).
- Augmentation de 85.5% des dépenses des régions (de 1999 à 2008).
- 40000 entreprises (14% de la population salariée) ne forment pas, principalement TPE.
Marché de l’emploi :
- Environ 5 millions d’embauches / an.
- 82% des embauches dans les PME < 250 salariés (et 55% < à 50 salariés)
- Plus de 3 millions de demandeurs d’emploi.
Informations sur les entreprises :
- Diminution du nombre d’entreprises industrielles (10% du total), et augmentation des entreprises de service et d’activité mobilière.
- Contrairement aux grandes entreprises (qui possèdent des formations spécifiques), les PME ont de grandes difficultés à accéder à la formation.
Les besoins suivant le type d’entreprise :
On observe plusieurs impacts sur la construction de l’offre :
- La prédominance de la compétence, ce qui va induire une offre centrée sur des objectifs à atteindre, vérifiable au poste de travail plutôt que sur l’énoncé de contenus.
- L’émergence pour les salariés d’un besoin d’accompagnement dans la construction de parcours individualisés.
- Une demande croissante d’orientation des salariés.
- Un besoin d’accompagner les managers dans leur nouveau rôle.
Les organismes de formation se répartissent ainsi :
- Le secteur privé représente 94% des dispensateurs de formation et réalise 77% du Chiffre d’affaires (CA). Il accueille 85% des stagiaires (7,4 millions).
- Les formateurs individuels sont nombreux (31% des dispensateurs), mais ne forment qu’un stagiaire sur 10 et réalisent 4% du CA du secteur.
- Les organismes privés lucratifs ou non lucratifs représentent 63% des dispensateurs et accueillent 75% des stagiaires et réalisent 73% du CA.
- Le secteur public et parapublic représente 6% des prestataires. Ceux-ci réalisent 23% du CA, et accueillent 15% des stagiaires. L’éducation nationale (CNAM et GRETA) représente 13% du CA, le secteur consulaire 2,3% et l’AFPA 4%.
Répartition selon le Chiffre d’Affaires :
- Les organismes dont le CA dépasse 3 millions d’euros représentent 2% des opérateurs mais réalisent 38% du CA et accueillent 27% des stagiaires.
- Plus largement les organismes réalisant plus de 750 000 euros réalisent 38% du CA et accueillent 27% des stagiaires.
- 51% des organismes réalisent moins de 77 000 euros de CA.
Évolution de la demande de formation
- 78 % des français connaissent la formation continue.
- 56% des salariés ont suivi une ou plusieurs formations au cours des 2 dernières années.
- Tranche des salariés de 25 à 34 ans les plus concernés.
- 2 fois plus d’accès à la formation dans les Grandes Entreprises que dans les TPE (58% contre 27%).
- Initiative de la demande de formation revient majoritairement aux employeurs (55%).
- Initiative venant des cadres (55%) supérieure à celle venant des ouvriers (38%).
- Espérance de formation de 15h / an. Soit une répartition optimale de 600h au cours d’une vie professionnelle (avec le DIF, jusqu’à 800h).
- 25% des salariés ont un/des besoin(s) de formation insatisfait(s).
- 40% des salariés estiment qu’ils n’ont pas suivi de formation car on ne leur a pas proposé.
- Niveau de qualification initiale de + en + élevée, soit une demande de formation qui se décale vers des Bac +4 et Bac +5.
–> Les salariés en activité peu/non qualifiés s’orientent vers des formations qualifiantes ou diplômantes.
S’ajoute à cela :
- 130 000 à 150 000 jeunes sortant du système scolaire sans qualification chaque année.
- 80 000 jeunes sortants de leur 1er cycle universitaire sans diplômes.
–> Les besoins exprimés des demandeurs de formation sont essentiellement le maintien d’une qualification et une adaptation à l’emploi.
Les principaux besoins de formations sont par ordre d’importance :
- Faire reconnaître une qualification
- Développer son employabilité / retrouver un emploi
- Mettre à jour ses connaissances et maintenir sa qualification
- Confronter et valider ses pratiques professionnelles face aux autres
- Se professionnaliser
- Utiliser son droit à se former
- Échapper à son environnement professionnel habituel
- Faire une pause
- Remettre en question ses pratiques
- Se faire plaisir
Partie 2 : Les tendances 2011 du marché de la formation professionnelle
4 grandes tendances pour 2011 :
- Montée en puissance du DIF
- Evolution vers des parcours personnalisés
- Progression du e-learning
- Priorité aux certifications
1. La montée en puissance du DIF
Les salariés ont plus tendance à choisir des formations comportementales (Prise de parole en public, Savoir motiver, Coaching, etc.) plutôt que des formations métiers pures (Initiation à la comptabilité, Excel Perfectionnement, etc.). Les formations développant les compétences relationnelles, le savoir-être… sont ainsi privilégiés par les salariés, principalement les managers, qui pourront ainsi s’en servir dans la vie quotidienne et quelque soit le poste.
2. Evolution vers des parcours personnalisés
En ce qui concerne les demandes intra-entreprises, les parcours sur-mesure réalisés par les organismes de formation sont en hausse. Que ce soit pour l’entreprise, qui peut y véhiculer des éléments culturels qui lui sont spécifiques, ou le salarié qui peut définir son propre parcours de formation (le « consom’acteur »), les demandes en one-to-one sont de plus en plus fréquentes (+ 30% entre le 1er semestre 2009 et 2010).
Pour l’organisme CSP Formation, ces parcours personnalisés représentent 20% de leurs missions majeures (50 jours de formation et 500 personnes formées).
3. Progression du e-learning
Avec le développement continu des technologies de l’information, les attentes et les besoins des entreprises (principalement les Grandes entreprises) en formations correspondantes augmentent aussi. De nouveaux dispositifs de formation sont ainsi mis en place, comme l’e-learning, qui permet de réduire le temps de présentiel (contrainte pour beaucoup d’entreprises).
Si le présentiel est maintenu pour des conférences ou de la pratique, d’autres formations multiples et rapides émergent sur internet (vidéos, serious games, forums, synthèses, liens Twitter, etc.).
4. Priorité aux certifications
Autre tendance, les managers et principalement les responsables RH sont de plus en plus à la recherche de formations certifiantes, dont la méthode est internationalement reconnue (MBTI, Process Communication Management, la Programmation neurolinguistique, L’Analyse Transactionnelle, etc.). Dix formations en management sont également labélisées Register Education Provider (REP), et doivent être délivrées par un formateur certifié.
Les entreprises sont ainsi sûres de la qualité de la formation, et les salariés possèdent une preuve de leur qualification qui permet à la fois d’enrichir leur CV et de valoriser leur expérience (Celles-ci étant approuvées par les OPCA).
Autres tendances pour 2011 :
Dans le domaine du marketing : les formations sont principalement centrées sur l’innovation et la créativité, avec des méthodes d’apprentissage basées sur le développement personnel et la communication.
La sensibilisation des managers à la place donnée à l’éthique dans leur management devient un des nouveaux besoins en croissance dans le monde de l’entreprise. Ainsi, de plus en plus de formations « éthique et management » apparaissent sur le marché.
La notion de réseau devient de plus en plus importante dans le monde professionnel, que ce soit pour le salarié ou l’entreprise. Ces formations types « réseautage professionnel » permettent de comprendre les enjeux du développement des réseaux professionnels (cela améliore la mobilité et l’efficacité du salarié dans l’entreprise).
Source : CSP Formation



Il faut dire que l’opacité des dispositifs actuels de financement de la formation professionnelle n’aide pas les dirigeants de PME et TPE… Une information plus claire et un meilleur accompagnement trouveraient certainement échos dans les plus petites structures et relanceraient sans aucun doute la formation de leurs salariés.